Le colonialisme était motivé par des intérêts commerciaux et géopolitiques, et fut imposé par la force. 17 Jean-François Médard, « Autoritarismes et démocraties en Afrique noire », Politique africaine, no 43, octobre 1991, p. 94. 52 Richard Joseph, Democracy and Prebendal Politics in Nigeria, the Rise and Fall of the Second Republic, Cambridge, Cambridge University Press, 1987. D’un point de vue économique, F. Godin va dans le même sens en montrant le caractère contradictoire de l’État. ), Marxist Regimes: Benin, The Congo, Burkina Faso, New York, Pinter Publishers, 1989. «  Depuis les années 1990, tous les États du continent ont instauré un processus électoral pluraliste avec la mise en concurrence des candidats, à l’exception de l’Érythrée. France 2 France Télévisions. 17Entre 1960 et 1990, la catégorie des régimes pluralistes s’est réduite comme peau de chagrin. Concrètement, cela signifie que le pouvoir exécutif est détenu essentiellement par le président de la République et qu'il partage avec le Premier ministre et le gouvernement qu'il a nommé. Ce modèle délibératif sera mis à mal par la colonisation et la décolonisation. Il est instructif de remarquer qu’en dehors de la Haute-Volta (Burkina Faso) de T. Sankara, les autres pays (Ouganda de Y. Museveni, Ghana de J. Rawlings et Libye) ont connu, avant les populismes, des régimes au patrimonialisme exacerbé et où la prédation économique a ruiné le pays. 5Là où la décolonisation a été organisée à la hâte, c’est la question de la gouvernabilité même du pays qui s’est posée, car les nouveaux pays ont sombré rapidement dans la confusion. 43 Pierre-François Gonidec, Les systèmes politiques africains, p. 222. Trente ans plus tard, ces régimes n’ont pas atteint les objectifs qui ont servi à justifier leur existence, et ils ont été une des cibles principales des mouvements de protestation populaires sur lesquels nous reviendrons au chapitre 7. RFI n'est pas responsable des contenus provenant de sites Internet externes. 15Les régimes ci-dessous ont émergé à des périodes particulières de l’histoire postcoloniale africaine en réponse à des conjonctures particulières. Si le néopatrimonialisme implique une grande volonté de contrôle de la société par le pouvoir, cette entreprise n’est cependant jamais totalement effective. Mais l’absence de profondeur de ce système face à l’héritage colonial autoritaire, ainsi que la faible socialisation démocratique des élites conduisent rapidement ces pays à sombrer l’un après l’autre dans l’autoritarisme. 43En ce qui concerne l’État et les régimes autoritaires, les populations africaines ont très rapidement développé des phénomènes d’« escapisme », c’est-à-dire des stratégies destinées à échapper à l’ambition totalisante des pouvoirs. Les stratégies d’opposition, par contre, ne fuient pas l’affrontement avec l’État. Cette dynamique s’est étendue également au continent africain où on voit de nombreux pays mettre en place des « Conférences nationales souveraines  réclamant l’instauration de la démocratie. Ainsi, au Burkina Faso31, T. Sankara conduisait une Renault 5 et faisait de « l’avion-stop », profitant des aéronefs de ses pairs pour aller aux conférences internationales plutôt que d’avoir un avion présidentiel. Dans la plupart des cas, les élites au pouvoir suppriment rapidement le pluralisme partisan et instaurent des autocraties personnelles. Elle laisse quelque peu de côté les logiques sociales et, notamment, elle ne nous dit pas ce que devient la société face à ces régimes et leurs pratiques politiques59. L’Éthiopie sous Menguistu Hailé Mariam (1974-1991) est peut-être le seul cas de marxisme africain et non d’afro-marxisme27 puisque, aussi bien l’idéologie, l’architecture institutionnelle que le modèle économique se rapprochaient des modèles d’Europe de l’Est. Elles s’assurent la liberté de commerce sur les fleuves du Congo et du Niger. Ce manque provient en premier lieu de ce que Gérard Conac a appelé une « déficience de légitimité institutionnelle42 ». Toutefois, des Suisses y ont pris part dans le sillage des puissances européennes. La Belgique qui ne parvenait plus à cacher son impatience et son empressement à honorer le couple présidentiel […] avec une chaleur et un empressement auxquels, dit-on ici, l’on n’est pas coutumier à pareille époque. En effet, trois difficultés doivent être résolues au préalable : d’une part, il faut choisir parmi la diversité des critères de classification. Dans le sillage de ces recherches de vérité sur notre histoire nationale, une seconde opération était alors embrayée, tout aussi brûlante pour la Confédération: celle de l'étude des relations politiques et économiques de la Suisse avec l'Afrique du Sud durant l'apartheid, plus précisément entre 1945 et 1990. Mais, aussitôt après les indépendances, le pluralisme est abandonné. Celle-ci est issue d’une colonisation de peuplement qui a commencé au XVe siècle avec l’arrivée de colons néerlandais et anglais dans la région du Cap. 22 Voir Chris Allen, « “Goodbye to All That”: The Short and Sad Story of Socialism in Benin », dans « Democratic Renewal » in Africa: Two Essays on Benin, Occasional papers, no 40, Centre of African Studies, Edinburgh University, 1992, p. 30-33. C’est cette crise de légitimité qui explique, selon les mots d’Achille Mbembé, le fait que « des dictatures assoupies la veille au soir sous un flot de motions de soutien se réveillent le lendemain, leurs vaux d’or fracassés et leurs tables de la loi renversées44 ». Elle concerne la fin des années 1970 et le début des années 1980, considérées comme « la décennie perdue » en raison du déclin de l’État durant cette période. ), The Precarious Balance, p. 121-148. Sachant que les régimes se sont constamment chevauchés, on peut partir du fait que, dans les années 1960, la plupart des pays arrivés aux indépendances étaient pluralistes. Le premier chef d'État du Tchad indépendant neutralisa rapidement les opposants en les éliminant politiquement sinon physiquement. 1 Michael Bratton et Nicolas Van de Walle, Democratic Experiments in Africa : Regime Transitions in Comparative Perspective, Cambridge, Cambridge University Press, 1997, p. 9. En bref, partout, « les sociétés africaines sont mises en demeure d’inventer les modes d’adaptation aux contraintes d’une crise durable65 ». Ils introduisent ainsi une formule d’inclusion politique non élitaire32. L’Afrique revient de loin. Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1965, Joseph-Désiré Mobutu est resté 32 ans à la tête de la République démocratique du Congo (anciennement le Zaïre). Selon Chabal et Daloz, « il est ainsi courant d’interpréter toute occurrence néfaste comme relevant de manœuvres occultes57 ». Par exemple, selon la conjoncture, il active certaines ressources rentables et déclasse celles devenues désuètes. Les formes ont varié ensuite, à partir des premiers coups d’État et de l’introduction des partis uniques. L'histoire de l'Afrique du Sud de 1948 à 1994 est marquée par la mise en place puis par le démantèlement de la politique d'apartheid.Successivement nommée Union d'Afrique du Sud puis République d'Afrique du Sud à partir de 1961, le pays connaît, durant cette période, un système de ségrégation raciale institutionnalisée. Toute résistance ou rébellion des populations y fut presque toujours punie de façon violente, et cela se traduisit parfois par un génocide. 30 Carlos M. Vilas, « Le populisme comme stratégie d’accumulation : l’Amérique latine », dans Le populisme en Amérique latine, p. 34. ), The Precarious Balance: State and Society in Africa, Boulder, Westview Press, 1988. 42 Gérard Conac, « Les processus démocratiques en Afrique », dans Gérard Conac (dir. Or, ils peuvent ne jamais l’être parce que les acteurs sont impuissants, ou ne conçoivent même pas une telle possibilité, comme dans le cas des paysans. Mais, comme le remarque Achille Mbembé, « en postcolonie, le travail du pouvoir consiste aussi à rentrer en transe dans le but de produire des fables55 ». L’année 1960 a été « l’année de l’Afrique » (sous-entendu : de l’Afrique noire) car elle a vu, au milieu de la surprise et de l’incrédulité des autres continents, 18 colonies de l’Europe accéder en quelques mois à la souveraineté et à la reconnaissance internationale en tant qu’États. 74 Comi Toulabor, « Jeu de mots, jeu de vilains : lexique de la dérision politique au Togo », Politique africaine, vol. L’ANC engage la lutte armée.1962 : Arrestation, puis condamnation de Nelson Mandela et ses coaccusés à la prison à perpétuité.1983 : Création du Front démocratique uni (UDF) organisant la désobéissance civile.1985 : Création du Congrès de syndicats sud-africains (COSATU) et tenue de grèves.Janvier 1986 : Annonce du démantèlement de certaines lois d’apartheid de moindre importance.Août 1989 : Frederik W. de Klerk succède à Peter W. Botha à la tête de l’ État.1990 : Lancement du processus de négociation constitutionnelle à la faveur de la libération de Nelson Mandela en février, de l’abandon de la lutte armée par l’ANC en juin et de la levée de l’état d’urgence par le gouvernement.Février 1991 : Suppression des lois piliers de l’apartheid : loi sur les terres des indigènes, loi sur le recensement de la population et loi sur les zones tribales.Novembre 1993 : Accords ANC-gouvernement sur la constitution intérimaire.Avril 1994 : Premières élections générales remportées par l’ANC avec 63 % des votes.Mai 1994 : Nelson Mandela succède à F. W. de Klerk.Mai 1996 : Adoption de la nouvelle Constitution sud-africaine.Juin 1999 : Thabo Mbeki succède à Nelson Mandela. Au Bénin, par exemple les principes de discipline du parti (1974-1991) étaient très « marxisants » certes : la soumission de l’individu à l’organisation, la soumission de la minorité à la majorité, la soumission des instances inférieures aux instances supérieures et la soumission de tout le parti à son Comité central21. Ces mobilisations convoquées par des mouvements citoyens, réunissant les forces sociales, politiques et religieuses, font évoluer l’organisation de la vie politique, « en créant de nouvelles règles de jeu, en évinçant les dictateurs les plus violents et en élargissant le spectre des possibles », écrit Pierre Jacquemot. En effet, d’une part, l’introduction du parti unique, la suppression de la séparation des pouvoirs et la mainmise sur l’ensemble de l’appareil étatique étaient présentées comme la meilleure façon de faire le développement. Deux sous-types de régimes peuvent être, dans leurs grandes lignes, dressés ici sur la base de ce critère. Fréquentation certifiée par l'ACPM/OJD. Ils sont regroupés par nature, selon Lacam, en ressources coercitives fondées sur la force, rétributives fondées sur l’échange, et persuasives fondées sur le normatif ; cette dernière catégorie étant en principe la seule admise dans les démocraties48. 30En l’absence de légitimité, les régimes africains de cette période se caractérisaient aussi par une tendance à l’autoritarisme puisqu’en l’absence de règles acceptées, les dirigeants devaient user souvent de la force ; laquelle devenait une ressource en vue de se maintenir au pouvoir, comme nous le verrons plus bas. Adebayo ADEDEJI * La situation économique de l'Afrique : vers une reprise ? En Afrique, des réformes en trois étapes furent mises en place : le gouvernement responsable dans lequel le gouverneur britannique partageait le pouvoir avec une assemblée locale élue, l’autogouvernement interne dans lequel le gouverneur n’avait plus de pouvoirs et l’indépendance4. 71 Peter Anyang Nyongo, Afrique : la longue marche vers la démocratie. Seuls cinq pays ont réussi à sauvegarder des institutions et des pratiques pluralistes sur cette période : le Sénégal, l’île Maurice, la Gambie, le Botswana et le Zimbabwe. « Rares sont les scrutins africains qui respectent les règles formelles de la démocratie électorale, se lamente Pierre Jacquemot dans son essai. Deux types de lois sont alors progressivement votées, c’est-à-dire des lois « secondaires » de l’apartheid mesquin (lois de moindre importance comme la séparation dans les lieux publics) et des lois « piliers » (comme la loi sur les terres des indigènes [Native Land Act]). Suivant en cela la distinction classique de Robert Dahl, ils proposent cinq types de régimes entre 1960 et 1989 : les régimes de parti unique plébiscitaires (cas du Niger sous A. Saibou) ; les oligarchies militaires (cas du Lesotho), les régimes de parti unique semi-compétitifs (cas de la Côte d’Ivoire sous Houphouët-Boigny) ; les oligarchies raciales (Afrique du Sud et Namibie) ; et les régimes multipartites (cas du Sénégal)9. La Suisse et l Afrique du Sud, 1945-1990: Marché de l or, finance et commerce durant l apartheid: Bott, Sandra - ISBN 9783034010917 3 Herbert Weiss, « Introduction », dans Catherine Coquery-Vidrovitch, Alain Forest et Herbert Weiss (dir. Alors que les autoritarismes durs instrumentalisent la justice et la police pour tuer, comme au Togo d’Eyadéma, les modérés l’utilisent pour faire peur. 68 Naomi Chazan et al., « State Institutions and the Organization of the Public Arena », p. 54-68. Il va falloir attendre la fin de la guerre froide pour que le jeu démocratique soit relancé sur le continent africain. Nous serons alors mieux en mesure de mesurer l’ampleur des transformations auxquelles ces tentatives ont mené. 25Comme Elisabeth Wood a pu le montrer, ce régime était fondé sur des logiques irréconciliables, à savoir qu’il entendait reposer sur la main d’œuvre de la majorité noire pour faire fonctionner l’économie et préserver les privilèges des Blancs, tout en continuant à exclure les Noirs du jeu politique38. (dir. Les instances de participation sont supprimées et les opposants réduits au silence. Enfin, il faut être attentif au fait que les régimes sont souvent mixtes, mêlant des logiques civiles et militaires ou puisant dans des registres idéologiques et de légitimation pluriels. En revanche, les autoritarismes modérés, dont l’auteur dit qu’ils ont été les cas les plus fréquents, laissent une certaine marge à la société civile et recourent plus modérément à la violence. 2Chargée de gérer la fin de la relation coloniale et de contenir l’influence soviétique, l’aide à l’Afrique connaît une forte croissance dans les années 1970-1980, passant de onze milliards de dollars en 1972 à quarante milliards de dollars en 1990. 38 Elisabeth Jean Wood, « Apartheid, Conservative Modernization and Mobilization », dans Elisabeth Jean Wood, Forging Democracy From Below: Insurgent Transitions in South Africa and El Salvador, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, p. 111-142. Ces objectifs furent inscrits dans les Constitutions des nouveaux États indépendants, tout comme l’a été le choix de la démocratie qui paraissait aux yeux des pères fondateurs comme le régime le plus approprié pour réaliser ces objectifs. C’est ainsi qu’en Côte d’Ivoire, où l’autoritarisme pourtant est considéré comme modéré, éclate : [E]n 1970, la crise du Guébié […]. 50L’analyse la plus neutre est celle de Jean-François Bayart qui montre la pluralité de possibilités selon que ces modes d’action sont ou non politisés. 26 Michael S. Radu et Keith Somerville, « The Congo », dans Chris Allen (dir. Plus sceptique, Achille Mbembé voit non pas tant « des parodies qui sapent le discours officiel » que : une tension conviviale entre le commandement et ses cibles. 46Le même sort a frappé Ruben Um Nyobé au Cameroun en 1958, peu avant l’indépendance du pays. Maurice a connu la première alternance au pouvoir en Afrique à la suite d’élections en 1982 et au Botswana, le système peut être considéré comme une démocratie consolidée, car, bien qu’il n’y ait encore jamais eu d’alternance, les libertés sont respectées et le jeu électoral est transparent12. Certains de ces autocrates créent des partis uniques considérés comme des instruments efficaces de mobilisation. Aujourd’hui, un peu plus de six étudiants sur dix sont inscrits à l’université. En termes relatifs, l’Afrique mobilise aussi une part croissante des flux d’aide. ), Traité de science politique, tome 1, Paris, PUF, 1985, p. 397. Ces deux sous-types correspondent grosso modo à ceux de Bratton et Van de Walle, soit des régimes de parti unique compétitifs qui laissent une marge à la concurrence à l’intérieur du parti ; et les régimes de parti unique plébiscitaires, qui encouragent la participation, mais en la drainant au profit du chef16. Mais ces 10 dernières années, c’est l’enseignement supérieur privé qui a concentré l’essentiel de ce dynamisme. Dans d’autres cas, en commençant par ceux du Congo et du Togo, les militaires font irruption pour prendre le pouvoir. Pour autant, il est difficile d’établir des césures périodiques claires. Il consiste à opérer une distinction sur la base de ce que les régimes prétendent être ou ce que l’apparence donne à voir. 27 Pour la distinction, voir Edmond Keller, « Afro-Marxist Regimes ». Ainsi, « les réformes politiques préconisées par [la conférence de 1944] de Brazzaville restèrent extrêmement limitées ». Au Sénégal, pourtant souvent présenté comme un modèle de démocratie, le pluralisme était contrôlé, le parti socialiste s’étant arrangé pour toujours l’emporter, et il a fallu attendre l’année 2000 pour qu’il y ait une alternance entre deux partis différents13. urbaines extrêmement hétérogènes. 49 Jean-François Médard, « Autoritarismes et démocraties en Afrique noire », Politique africaine, no 43, 1990, p. 99. En 2013, on compte 2 430 100 étudiants, 8 fois plus qu’en 1960. 72 Crawford Young, The African Colonial State in Comparative Perspective, New Haven/Londres, Yale University Press, 1994, p. 7. La dérision consiste à rire du pouvoir, à tourner en ridicule les slogans officiels destinés à produire du sens comme on l’a vu plus haut ; à démystifier les chefs d’État, en leur collant des sobriquets… bref, C. Toulabor montre que la dérision est une forme de « braconnage politique » et qu’elle joue, entre autres, sur l’équivoque. Ce fut d'abord dans la colonie, où existait depuis assez longtemps une petite élite indigène, essentiellement wolof et aku (descendants des anciens esclaves libérés), que se développèrent les premiers … 44 Achille Mbembe, De la postcolonie : essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000, p. 153. Car la Belgique, mais surtout Bruxelles, était si belle et si ensoleillée hier, qu’il semblait que l’astre du jour avait délibérément choisi de rayonner de toute sa splendeur pour souligner que ce jour-là n’était pas un jour comme les autres54. Dans ces conditions de recul général des libertés et de la démocratie, comment s’étonner que le désenchantement démocratique gagne les populations ? -P. Daloz et P. Chabal, L’Afrique est partie ! Accusant Kragbé de vouloir faire sécession, Houphouët-Boigny organise une répression farouche en pays bété. Anniversaire des indépendances africaines. Dans certains d’entre eux, les oppositions naissantes conduisirent des campagnes en faveur de réformes et permirent l’entrée en scène de nouveaux dirigeants, grâce à des élections pluralistes. Gazibo, Mamoudou. Une simple analyse des différents types de régimes cités ci-dessus montre la prépondérance des militaires et leur présence dans tous les types de régimes. Auteur : Marco Ramerini Dans Afrique, Asie, Colonialisme allemand, Océanie 2,359 Vues. Il est instructif de remarquer que M. Nguema a finalement été renversé et fusillé par son propre neveu, le général Théodoro Obiang Ngema, qui est au pouvoir depuis lors ; et qu’Amin l’a été à la suite d’une invasion des forces tanzaniennes. 33Comme on le sait au moins depuis Machiavel, pour ne pas remonter aux Romains, aux Grecs ou aux Égyptiens, la politique est orientée essentiellement vers l’élaboration de stratégies de conquête et de conservation du pouvoir. Dans les villes, l’économie informelle se développe rapidement et il se crée de grandes distorsions entre les logiques officielles des gouvernants et celles des citoyens. 22Le sultanisme désigne, dans la sociologie de Max Weber, tel qu’il est étudié au chapitre 3, un type de régime de domination patrimonial qui apparaît « à l’apogée du pouvoir du seigneur », lequel dispose, à titre personnel, de la direction administrative et militaire de l’État34. 69 Tiémoko Coulibaly, « La lente décomposition en Côte-d’Ivoire », Le Monde diplomatique, novembre 2002, p. 24. 46 Samuel Decalo, The Stable Minority: Civilian Rule in Africa, 1960-1990, Gainesville, FAP Books, 1998, p. 2. Les types de régimes de l’Afrique postcoloniale de 1960 à 1990. L’exercice du pouvoir en Afrique postcoloniale. ; se fonder sur le style de direction ou encore partir du degré de violence physique… Chazan et ses collègues partent de la définition d’un régime politique, c’est-à-dire les règles du jeu politique, des institutions et la nature des relations État/société qui en découlent. 39 Jacques Lagoye, « La légitimation », dans Madeleine Grawitz et Jean Leca (dir. Cette logique du verre de la démocratie à moitié plein rejoint les prises de position du philanthrope anglo-soudanais Mo Ibrahim, engagé à travers sa fondation basée à Londres dans la publication régulière des bilans sans concession de la gouvernance en Afrique. On estime habituellement qu’elle aurait fait entre 4 000 et 6 000 morts69. Comme l’ont montré Chazan et ses collègues, les institutions formelles transférées aux Africains après les indépendances étaient de nature exogène et autoritaire, conçues pour assurer la domination et peu préoccupées par la légitimité6. L'évolution politique prit un tournant décisif avec la création dans les années cinquante de partis politiques qui réclamèrent une participation accrue des Africains au gouvernement du pays. Cependant, le degré de pluralisme varie et n’est pas forcément synonyme de démocratie, un qualificatif qui ne peut être accordé, de ces cinq pays, qu’à l’île Maurice et au Botswana. “4. 5 mars : décret présidentiel n° 3/1960 de Soekarno annonçant la dissolution du parlement indonésien [76]. Il s’agit donc, comme l’ont montré Linz et ses collègues, de régimes dirigés par un homme fort, sans ligne idéologique autre que la détermination à maintenir un pouvoir personnel35. La loi sur les terres des indigènes, qui a débouché sur la confiscation de plus de 80 % des terres par la minorité blanche (13 %) ; la loi sur l’interdiction des mariages mixtes ; la séparation dans les autobus, les stades de football, les villes et les plages sur des bases raciales ; l’introduction d’un passeport pour les Noirs voulant rester en ville ; tous ces aspects montrent le degré de violence symbolique d’un régime assis sur une base raciale extrêmement étroite si l’on pense à tous les militants blancs anti-apartheid ayant rejoint le congrès national africain et le parti communiste sud-africain. 28 René Lefort, Éthiopie : la révolution hérétique, Paris, François Maspero, 1981, p. 119-216. 11Les auteurs ont toujours échoué à dresser une typologie uniforme des régimes politiques africains. 10À partir de ce moment, sous une dominante autoritaire, les types de régimes se diversifient énormément. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. L'évolution politique de la France ... Mais l'exécutif ainsi renforcé, est partagé entre le président de la République et le Premier ministre. 37User de la force et de l’argent ne suffit cependant pas à maintenir la domination. 53 C. Geertz, Bali, interprétation d’une culture, Paris, Gallimard, 1983 ; Étienne de la Boétie, Discours de la servitude volontaire, Paris, Flammarion, 1983 ; M. Edelman, Pièces et règles du jeu politique, Paris, Seuil, 1991. 19En dépit de leur variation, les régimes de parti unique apparaissent sur la scène politique en général peu après les indépendances, lorsque deux mythes font leur apparition dans le langage des dirigeants africains : le développement et l’unité nationale17. 12 Jean-François Médard, « Consolidation démocratique et changement des élites au Botswana : du parti dominant au bipartisme », dans Jean-Pascal Daloz (dir. 64 Naomi Chazan, « Patterns of State-Society Incorporation and Disengagement in Africa », dans Naomi Chazan et Donald Rothchild (dir. afrique du sud : quelques repères historiques du processus d’institutionnalisation et de démantèlement de l’apartheid, Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, 3.