Les tentatives faites pour utiliser des critères plus objectifs font surgir d’autres problèmes : comment déterminer le critère en question et selon quels seuils faire les découpages ? Révoltes urbaines, révoltes rurales, Chapitre VII. Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Hors collection », 2009, p. 473-495. Et le prix des vignes connaît la même évolution : elles valaient, à superficie égale, 1,7 fois plus que la terre au xvie siècle et 2,8 fois plus vers 1640. En France le statut des mouvances est immuable jusqu’à la suppression des droits féodaux en 1790-1793, en Angleterre on assiste à une disparition progressive de cette distinction et à une évolution vers une définition plus simple de la propriété. Les riches (métayers) ne sont pas très riches (à l’aune des fermiers des régions céréalières) et les pauvres n’y sont pas les plus nombreux. Cette forte baisse du revenu tiré de l’affermage a plusieurs conséquences : la location de petits lots de terre par les journaliers et les petits paysans, l’abandon des terres les moins bonnes ou les plus mal placées, le développement de l’élevage et donc, l’exploitation avec des domestiques. Les possibilités d’ascension et de déclin social dépendent en effet à la fois de la conjoncture générale et de la position de chaque individu sur l’échelle sociale. Le sens au seigneur se paie en argent. 5 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, 1993, 502 p., voir p. 190. [...]. Le processus a été décrit par Gérard Béaur dans un article publié en 1999 lors de la préparation du colloque « Campagne de l’Ouest32 ». Le blé qui dominait largement au xvie siècle, et avait même accru sa part relative, dans un pays où l’on ne mange que du pain blanc, commence à céder rapidement du terrain au profit de l’orge et même du seigle. 43Macfarlane prétendait également que cette évolution entraînait la rupture entre la famille et la tenure familiale dans le village. Tout d’abord parce que la loi commune gagne du terrain par rapport aux coutumes des seigneuries : le système des tenures fee ou for life, qui a d’abord été fait pour les terres libres, tend, au cours du xvie siècle, à être appliqué à des terres tenues en copyhold. 28 Cité par Bernard Cottret, Histoire d’Angleterre, xvie-xviiie siècle, Paris, PUF, 1996, p. 117. Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 42 Cabourdin Guy, Terre et hommes en Lorraine, 1550-1635 : Toulois et comté de Vaudémont, Nancy, université Nancy II, 1977, 2 vol., 764 p. 44 Merle Louis, La Métairie et l’évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen Âge à la Révolution, Paris, SEVPEN, 1958, 252 p. ; Péret Jacques, Les Paysans de Gâtine Poitevine au xviiie siècle, La Crèche, Geste Édition, coll. Portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales, Chapitre V. Les sociétés portuaires et les systèmes atlantiques, Prés, prairies et pâturage dans les systèmes agraires de la France de l’ouest à l’époque moderne, Cycles culturaux, usages et appropriation de l’espace rural (France, fin du Moyen Âge-Époque moderne), Clergé anglais, agriculture et société rurale (, Chapitre XVII. Ces remarques faites, on peut élaborer une typologie générale pour la société rurale. 22C’est pour cela qu’ils disposent de nombreuses bêtes de labour, quoi-qu’en quantité insuffisante pour cultiver de telles superficies, puisque 32 d’entre eux seulement disposent de 3 paires d’animaux et plus. Il faut donc examiner le phénomène de plus près et ne pas s’en tenir à la production céréalière. Grandes étendues en friche, énormes récoltes d’orge, tout cela ne pouvait que favoriser l’élevage du gros bétail, notamment des équidés, mais les grands éleveurs ne sont qu’une minorité : 13 possèdent plus de 50 têtes, le but étant essentiellement de produire des mules, animaux de trait et de bât, dont les débouchés sont assurés. 5Il n’est donc pas possible de généraliser : toute situation est relative et doit être étudiée dans son milieu géographique ; le seul critère de la superficie de la propriété ou de l’exploitation ne saurait suffire. Il y a 3 idées principales durant ce siècle : 1) La prépondérance française qui reste manifeste. Au début du XIXe siècle, le monde paysan, marqué par une permanence des structures sociales et des techniques agraires, occupe une grande place dans la société française. Même si son importance est minimisée par sa place politique et sociale, la grande majorité des Français est alors composée de paysans. Les gros producteurs les suivent d’ailleurs sur ce terrain, car le marché est porteur : le blé se revalorise par rapport à l’orge. authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. Consulte tous nos documents en illimité ! C’est dire qu’il s’agit encore d’une activité réservée. Parmi eux, il y a évidemment des pauvres, des dépendants, mais il y a aussi des paysans que l’on peut classer sous le terme de laboureurs car ils en ont la surface économique et sociale (ce sont par exemple les exploitants des métairies de l’Ouest et du Sud-Ouest de la France). Il faut cependant distinguer parmi eux les mayorales des troupeaux transhumants qui avaient la responsabilité de conduire à des centaines de kilomètres des milliers de bêtes, ce qui supposait qu’ils aient à la fois une grande compétence et la confiance de leur maître, car ils devaient manipuler de grosses sommes d’argent pour les frais du voyage, les droits du roi, etc. Ne généralisons pas toutefois hâtivement, puisque dans les montagnes du León, une zone où les structures sociales sont moins inégalitaires et les pâturages plus abondants, seul un habitant sur cinq n’a pas de bovins et un sur quatre pas de moutons13. Les transformations sont particulièrement importantes dans la région de Londres qui est devenue, à la fin du xviie siècle, une des principales villes d’Europe. Leurs salaires sont en général faibles et variables selon le sexe, l’âge, la nature le lieu du travail et la saison. Quoi qu’il en soit, la part des influences économiques et la capacité à augmenter les paiements pour les terres en freehold et en copyhold à la fin du xviie siècle diminua sensiblement la part de la terre dans la formation de la richesse. Les souliers près de la cheminée : les souliers servaient à mettre les cadeaux que le Père Noël « apportait » le 24 décembre à minuit. 20Cela reste exceptionnel. Et si l’on veut être un peu plus précis, il faut bien imaginer que chacune de ces dénominations doit se subdiviser en trois catégories au moins selon le niveau de richesse : les petits, les moyens et les gros. Mais il faut avoir présent à l’esprit qu’il ne s’agit là que de généralisations et que les différences régionales sont importantes. Pour les plus gros, la diversification s’impose, notamment vers l’élevage. Moins démunis que leurs voisins journaliers, ils ont pu laisser un certain nombre d’inventaires (115) qui montrent qu’ils possèdent en moyenne une vingtaine d’hectares qu’ils valorisent au maximum en cultivant la vigne, l’olivier ou le safran, et quelques céréales (5 ou 6 ha). 1974 (repris dans Les Français et l’Ancien Régime, en collaboration avec Daniel Roche, Paris, A. Colin, 1984, vol.1 : La société et l’État). Il faudrait ajouter aux céréales les vignes et les oliviers, plus de 10 ha pour la moitié d’entre eux, et l’élevage. "Discours des États de France", Guy Coquille (1588) : les États Généraux sont-ils une entrave à la souveraineté royale ? L’Ascension d’un patronat agricole (xve-xviiie siècle), Paris, Fayard, 1994, 1072 p. 40 Jacquart Jean, La Crise rurale en Île-de-France, 1550-1670, Paris, A. Colin, 1974, 800 p. 41 Lemarchand Guy, La Fin du féodalisme dans le pays de Caux. On peut énumérer les plus importants : la quantité de terre exploitée et/ou possédée, la possession d’un capital d’exploitation (la terre, la charrue et la charrette, l’attelage), le niveau d’insertion dans les circuits d’échange… On peut aussi penser à des critères autres qu’économiques et sociaux : participation au pouvoir (rôle dans la communauté rurale), niveau d’alphabétisation… Il faut également prendre en compte des critères plus individuels, tels ceux du cycle de vie et du cycle familial qui font apparaître que, pour chaque individu, la richesse est aussi liée à l’âge (les plus jeunes et les plus vieux ont une accumulation foncière et mobilière bien inférieure à celle des adultes entre 40 et 50 ou 60 ans). Les premiers balbutiements du roman comique Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 37 Molinier Alain, Stagnations et Croissance. 13 Pérez Álvarez María José, La Montaña noroccidental leonesa en la Edad Moderna, León, Université, 1996, p. 171-186. Ces registres existent depuis le Moyen Age et ils se sont développés au XVe siècle et sont rendus obligatoire avec l'ordonnance Villers-cotterêts (1539). 7La Manche présente quelques caractéristiques qui en font un résumé acceptable de la situation de la péninsule. En effet, je suis gouverné par des lois auxquelles je donne mon consentement ; et ni ma vie, ni ma liberté, ni mes biens ne me sauraient être retirés conformément à la loi. La France rayonne alors dans le monde entier à travers la culture et les arts. Le baptême permet de recenser et l'État va rendre au XVIIe siècle ses registres plus précis et plus rigoureux. La vie sous l'ancien régime est précaire et la naissance est un moment difficile. On a déjà évoqué la Plaine de France étudiée par Jean-Marc Moriceau, on peut aussi citer le cas de l’Île-de-France étudié par Jean Jacquart pour le xviie siècle45. Comme les husbandmen, ils se prolétarisent au xviie siècle, évolution qui se poursuivra au xviiie siècle. Le seuil supérieur est celui de l’indépendance. Les manouvriers ; 2. A la campagne; Les Authentiques; Luberon; Magnifique Mas du 17ème siècle à vendre dans le Luberon, bénéficiant d'une très jolie vue panoramique sur ses terres de 13 ha avec une piscine 15 x 5m. Le vin, autre grande production de la région, connaît un regain de faveur : son prix avait stagné pendant une quarantaine d’années (entre 1570 et 1610 en gros) accumulant ainsi un gros retard sur le blé, mais entre 1610 et 1630, il connaît une hausse de 50 %. Il faut renvoyer ici au portrait que Bernard Cottret trace de ce personnage dans son Histoire de l’Angleterre : le freeholder a trois raisons d’être satisfait : il est anglais, il est propriétaire et il est électeur. La distinction n’est pas nette entre les meilleurs des yeomen et les couches inférieures de la gentry. ), la transaction est enregistrée à la cour manoriale : le tenancier reçoit une copie de son entrée et la tenure en villainage devient progressivement un copyhold ce qui signifie que la terre est tenue by custom of the manor and by copy of court roll. 34Or, le phénomène que nous venons de décrire est loin de se limiter à ces régions, même s’il n’a peut-être pas été étudié avec autant de précision ailleurs. 6Pour entrer dans le vif du sujet, et éviter les généralités, notre étude portera sur une région précise, la Manche, qui a été choisie, d’une part, parce qu’elle a été étudiée pour le xviie siècle et d’autre part, parce que le critère de différentiation choisi par l’auteur est un critère global. 78On observe que les statuts sociaux ne peuvent s’analyser indépendamment du système social duquel ils sont partie prenante. Aux marges de la société : pauvres et pauvreté, Le vigneron, la viticulture et la vinification, Marchands du Dauphiné à Bayonne et dans sa région au milieu du, Suggérer l'acquisition à votre bibliothèque. 22 Le Roy Ladurie Emmanuel, Les Paysans de Languedoc, Paris/La Haye, SEVPEN, 1966, 2 vol., 1034 p. 23 García Sanz Angel, Desarollo y crisis…, op. Au xviie siècle, le terme de yeoman désigne un paysan aisé qui travaille lui-même sa terre, emploie parfois des farms servants. Habakkuk Sir H. John, « La disparition du paysan anglais », Annales ESC, xx,4, juillet-août 1965, p. 649-663 ; rééd. Le yeoman tient indistinctement sa terre en freehold, en copyhold et en leasehold mais il a le plus souvent au moins quelques parcelles en freehold. Cottret Bernard, Histoire d’Angleterre, xvie-xviiie siècle, Paris, PUF, Nouvelle Clio, 1996, 340 p. French H. R. et Hoyle Richard W., « The land market of a Pennine manor : Slaidburn, 1650-1780 », Continuity and Change, 14, 3 (1999), p. 349-383. Il n'y a pas d'obligation scolaire donc la plupart des enfants arrêtent d'aller à l'école vers 8 ans pour travailler avec les parents ( un enfant gagne la moitié du salaire d'un adulte Il existe aussi le cas des enfants mis en nourrice à la campagne. En mixant tout cela, les historiens du monde rural ont construit des catégories permettant de « classer » tous ces paysans. 11Quoi qu’il en soit, il n’est pas possible de considérer le monde paysan comme une entité ; entrons maintenant un peu plus avant dans le détail de ces inégalités. Pour ces paysans, la dépendance est économique, sociale, politique et culturelle (ils ne lisent pas, ne participent à l’assemblée de paroisse…). Le Vivarais aux xviie-xviiie siècles, Paris, EHESS, 1985, 500 p. 38 Frêche Georges, Toulouse et la région Midi-Pyrénées au siècle des Lumières. (Eds.). 52Au sens strict, selon les juristes contemporains, le yeoman est celui qui possède et travaille une terre en freehold rapportant au moins 40 shilling ou plus de revenu par an (c’est ce qui l’autorise à voter). Leur situation dépend de la coutume manoriale. Il n’est pas sûr que la Lorraine de Guy Cabourdin42 en abrite beaucoup et dans le Sud et l’Ouest de la France, on peinerait à trouver l’équivalent exact de ces « gros fermiers ». Dans les vallées de l’Esla et de l’Órbigo, dans le León, 2,5 ha suffisaient8. 2) Les idées et la réflexion philosophique qui font un grand bon en avant. 39De l’héritage médiéval, subsiste dans l’Angleterre du xviie siècle la division entre tenures libres et tenures non libres24. 25Pour terminer, il faut nous interroger sur le mode d’exploitation des grands domaines des élites de la Manche au xviie siècle : pourquoi une si large proportion d’entre eux font valoir par eux-mêmes au lien de donner leurs terres à ferme ? pouvoir. On assiste alors à un phénomène de polarisation sociale : la petite couche supérieure de la société s’enrichit tandis que s’affaiblissent les couches moyennes dont les membres viennent grossir les rangs des déshérités. Adresse : 2, avenue Gaston Berger CS 24307 F-35044 Rennes cedex France. La naissance est réservée aux femmes de la maison avec notamment la matrone, une sorte de sage-femme … Plus souvent, ces laboureurs moyens ont une exploitation plus équilibrée, combinant élevage, culture céréalière et viticole et quelques activités annexes, comme le commerce des denrées agricoles, le prêt d’argent ou de denrées, le transport. Ils disposent souvent d’une vache, de quelques moutons et porcs, ils récoltent un peu d’orge, de froment, de pois. La Renaissance Au 16ème siècle, la Renaissance italienne , l'invention de l'imprimerie, la découverte de l'Amérique et des voies maritimes vers l'Asie, mettent fin au Moyen-Age. Le gouvernement par grand conseil - extrait du Discours des Etats de France, 1588, de Guy Coquille, La monarchie française vue par un ambassadeur vénitien - Michel Suriano (1561) : La question des lois fondamentales et l'autorité monarchique, Discours : Les libertés nécessaires - Adolphe Thiers, La Révolution française (1789-1793) et la fondation d'un monde nouveau, Histoire économique et sociale à l'époque moderne - La traite des esclaves, Le siècle des Lumières en France, Angleterre et Allemagne, La mission du père Ricci en Chine selon Nicolas Trigault (1615) - La rencontre et le partage entre les cultures chinoises et européennes par l'intermédiaire des missions jésuites. La modernisation de l’agriculture anglaise liée à l’accroissement de la demande urbaine est déjà très avancée au xviie siècle (multiplication des marchés, des foires et des échanges, orientation de l’agriculture vers la vente pour satisfaire les besoins en grains et en laine, apparition d’agriculture régionale intensive dans le Kent par exemple). 15 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille…, op. Ajoutons qu’ils pratiquent une forte endogamie sociale et locale, quand le village n’est pas trop peu peuplé, nouant souvent des alliances avec les mêmes familles18. Partout l’inégalité règne ; parler de paysan ne signifie pas grand chose, si ce n’est de désigner quelqu’un qui travaille la terre. in Béaur Gérard (éd. Les propriétaires des grands domaines tendent de plus en plus à réduire la durée des concessions : les baux emphytéotiques qui assuraient une propriété de fait aux tenanciers s’effacent devant des baux plus courts. Ils ont le monopole des grandes fermes et des recettes seigneuriales (affermage des dîmes, marchés de coupe de bois, commerce des grains et des bestiaux, prêts à intérêt, commerce des rentes). Cet article regroupe plusieurs aspects des mœurs et de la vie quotidienne au Moyen Âge. Cependant, malgré ces différences, on retrouve partout des situations analogues ou semblables. Et à notre grande surprise, alors que les membres de cette élite sont nobles, bien souvent titulaires d’offices municipaux électifs ou perpétuels et résident dans ces petites villes que nous avons décrites, à peine un peu plus de 20 % d’entre eux sont rentiers, les autres pratiquant soit l’élevage en grand (pour 11 % du total), soit agriculture et élevage ; encore mieux, ce ne sont pas les plus riches qui sont rentiers puisque tous les propriétaires de plus de 500 ha (18) sont en faire-valoir direct. Tous ces changements ne pouvaient passer inaperçus aux yeux des contemporains. Commande ton devoir, sur mesure ! Les catégories sociales en question », Antoine Annie (dir. Même concentration et même croissance en ce qui concerne les moutons : à Fuentes de Nava, en Tierra de Campos, sur environ 220 familles, 24 éleveurs possèdent 2008 moutons en 1630 ; ils ne sont que 17 en 1676, mais avec 6839 bêtes alors que les ordonnances municipales, théoriquement toujours en vigueur, empêchaient d’en avoir plus de 70 ! Parmi ces journaliers, beaucoup exerçaient une autre activité et notamment, les petits paysans. Vincent de Paul . 76Leur nombre varie en fonction de différents critères. 33Au fur et à mesure que la propriété s’agrandissait, on ne pouvait continuer à l’exploiter en famille avec des saisonniers, il fallait prendre des journaliers, puis multiplier le train de culture et embaucher des domestiques à l’année ; enfin, pour se débarrasser du soin de la culture et intégrer ainsi les rangs des rentiers, on pouvait louer en fermage les biens patiemment accumulés. Il en va de même dans les régions de montagne : dans la Sierra de Alcaraz, en 1753, plus de la moitié des habitants ne possèdent ni terre (51 %), ni animaux de trait (78 %), ni gros bétail d’élevage (51 %), ni menu bétail (56 %) et parmi cette petite moitié qui élève des moutons, la moitié en a moins de 5. 32Mais cette accumulation de terres posait essentiellement deux problèmes : celui de leur transmission et celui de leur exploitation. La grande exploitation utilise beaucoup de salariés (pour moisson, fenaison, moisson, battage en grange) alors que la petite et moyenne exploitation travaille essentiellement avec la main-d’œuvre familiale et un ou deux domestiques. ), L’Espagne de l’immobilisme à l’essor, Paris, Presses du CNRS, 1989, p. 15-71 ; Pérez García José Manuel, « Economía y sociedad », Historia de España, t. 6 : La Crisis del siglo xvii, Madrid, Planeta, 1987, p. 175-333 ; García Sanz Angel, « El sector agrario durante el siglo xvii ; depresión y reajustes », Jover Zamora José María (dir. Certains copyholds sont soumis à un important droit d’entrée, à la volonté du seigneur, certains autres sont soumis à un droit d’entrée fixe. Ils ont donné lieu à une étude importante, centrée sur leur recul au xviiie siècle30, mais qui peut être utilisée pour les présenter au siècle précédent. Inversement, il existe des laboureurs pauvres. cit., p. 213-242. Vers 1670-1789, Paris, Cujas, 1974, xviii-984 p. 39 Moriceau Jean-Marc, Les Fermiers de l’Île-de-France. C’est que le xviie siècle connaît une forte baisse de la rentabilité du fermage qui est divisée par deux (et même un peu plus) entre le début du siècle (indice 100) et les années 1660-1700 (indice 46). La pratique de l’endogamie matrimoniale permettait de sauvegarder certains patrimoines. Elles conduiront au xviiie siècle au déclin des yeomen devant les farmers et à la multiplication de la main-d’œuvre salariée. De plus, Paris ne cesse d’attirer de nouveaux citadins et à la ville étroite et tassée … AN. Les cultures se repliant sur les meilleures terres, les rendements moyens devraient augmenter sans apport supplémentaire de travail. « La vie quotidienne », 296 p. Pour toutes les études « régionales » sur la société rurale française, se reporter à Moriceau Jean-Marc, La Terre et les Paysans en France et en Grande-Bretagne aux xviie et xviiie siècles. Soit la ville de Paredes de Nava, toujours en Tierra de Campos, et ses quatre paroisses. ), La Terre et les Hommes…, op. T. II : L’Âge classique (1340-1789). À la même époque apparaît un nouveau mode de concession des terres non libres : le beneficial lease qui garantit la terre pour un certain nombre d’années, une vie ou une partie de vie. cit., t. II, p. 221-223. Elles tiennent à trois raisons : les modifications du statut de la terre (ce qui a déjà été évoqué), le phénomène des enclosures et le développement du marché. [...], [...] La jeunesse est presque toujours organisée en abbaye de jeunesse. Ils disposent de quelques acres dont ils complètent les revenus par une activité artisanale et des droits dans les wastes et les commons. On observe donc une évolution plus marquée des rapports de la paysannerie à la terre en Angleterre. Ils louaient quelques petites parcelles de terre, en fermage ou à moitié, et élevaient quelques animaux.