À partir du 11 juin, le PCF milite pour l’arrêt des grèves, Maurice Thorez déclarant qu'« il faut savoir arrêter une grève dès que satisfaction a été obtenue »[46]. Sur le plan intérieur, le gouvernement Blum parvint à résoudre la crise sociale. Des députés républicains instaurent ce gouvernement qui met fin à la IV e législature et au Second Empire laissant place à la III e République (4 septembre 1870 - 10 juillet 1940) Le président du gouvernement est chef de l'exécutif de facto pendant la vacance de la fonction présidentielle … En France, depuis la scission du mouvement socialiste intervenue au congrès de Tours en 1920, le parti communiste était resté complètement isolé au sein de la gauche. Doc.1-b/ : manifestation des Ligues contre Un Office national interprofessionnel du blé (actuel Office national interprofessionnel des grandes cultures) eut pour charge de soutenir les prix payés aux agriculteurs, très durement touchés par la crise. Ce fut une des causes de la chute du Front populaire, très vivement critiqué par la presse dès l'automne 1936. Le Front populaire se divise sur le projet de soutien militaire de la France aux républicains espagnols opposés aux franquistes. On retient de cette période ces grèves joyeuses et les premiers congés payés qui permirent à des travailleurs de partir en vacances souvent pour la première fois (Léon Blum parle d'« embellie dans les vies difficiles »). Il n'envisage pas alors de proposer le vote des femmes en raison de l'opposition farouche du Sénat conservateur, qui a déjà fait échouer plusieurs projets en ce sens. Ainsi, le 7 juin 1936, les accords Matignon furent signés par la CGT et le patronat, à l'initiative du gouvernement. Les patrons, craignant au plus haut point une révolution bolchevique, s'empressèrent de négocier sous l'égide du gouvernement dans le but d'obtenir la reprise du travail. Surtout, Mussolini refuse encore que l'Autriche soit rattachée à l'Allemagne et apparaît donc comme un potentiel allié de circonstance qu'il faut ménager. Concrètement, les socialistes comme les communistes, attaquent violemment les radicaux, ne leur pardonnant pas leur alliance avec la droite dans le gouvernement Doumergue, tandis que les radicaux reprochent aux socialistes de ne pas les avoir efficacement soutenus lors des deux expériences du Cartel, ce qui en fait à leurs yeux des alliés définitivement peu recommandables. C'est bien l'opinion de l'actuel président du Conseil, le radical Albert Sarraut, qui invite Blum à prendre immédiatement sa place pour résoudre la situation. Les explications de cette spectaculaire volte-face[10] sont diverses et, pour certaines, controversées[11]. Les élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936 ont donc donné la victoire au Front populaire. Pour les ouvriers et employés partant en vacances, Léo Lagrange créa des billets de train avec 40 % de réduction, qui existent toujours. Ou bien vous ouvrez les frontières, vous maintenez un régime de liberté des changes, et vous devez alors vous appuyer sur Londres et Washington pour opérer un ajustement des monnaies en même temps qu’une coalition des régimes démocratiques. 26 janvier : élection législatives en Grèce ; les coalitions monarchistes et vénizélistes se partagent les sièges (143 et 142 sièges sur 300). Et là peut surgir une contradiction entre cet antifascisme d'exportation et le programme de maintien de la paix du Front populaire. », « bloquant une économie en pleine reprise qui est l'acte le plus dommageable commis depuis la révocation de l', « que nous n'osons pas encore la reconnaître, tant il est malséant de s’en prendre à un progrès social », International Labor and Working-Class History, « Conflict and Compromise : Socialists and Socialism in the Twentieth Century », De l'armistice à la dévaluation de la livre, 1918-1931, De Pierre Laval à Paul Reynaud, 1931-1939, des syndicats, des associations d'anciens combattants de gauche et des mouvements intellectuels (, Louis Poulhès, « 26 septembre 1939 : la dissolution des organisations communistes » dans, Sentiment que les historiens ne partagent plus, comme l'indique Danièle Zéraffa-Dray, à la page 71 de son ouvrage, « Pour autant, l'absence de coordination entre les manifestants, l'absence d'un « chef » capable de fédérer les différents mouvements en une organisation puissante, le caractère très spontané des manifestations ne permettent pas de conclure à un coup d'État fasciste. Mais Thorez ne souhaite pas en rester là et déborde par la droite une SFIO qui, stupéfaite, l'entend à Nantes le 10 octobre 1934 suggérer « l'alliance des classes moyennes avec la classe ouvrière » et la constitution d'un rassemblement non seulement ouvrier mais « populaire », ce qui constitue clairement un appel du pied au Parti radical, représentant des classes moyennes. C'est en réaction à la journée d'émeutes menée le 6 février 1934 par les ligues (Action française, Jeunesses patriotes, etc.) Nous avons la réponse à la question : Qui a dirigé le gouvernement de Front populaire de juin 1936 à juin 1937 ? La plupart des radicaux, un grand nombre de socialistes, de membres du CVIA, d'adhérents de la Ligue des droits de l'homme sont des pacifistes convaincus et leur volonté de maintenir la paix l'emporte à coup sûr sur leur antifascisme. Le patronat hésite à employer la force pour évacuer les usines et préfère la négociation. nécessaire]. Le Front Populaire en France en 1936 : des réformes démocratiques et sociales ... Les conséquences politiques des crises et la réponse du Front Populaire (1934 - 1936) 2) 14 juillet 1935. En dehors de la volonté de nationaliser les industries pour soustraire la politique extérieure de la France à l'influence des marchands de canon, « cette plateforme somme toute modérée témoigne davantage de préoccupations électorales que d'une claire perception de la situation internationale : ni la question coloniale, ni les dangers extérieurs, ni la situation en Europe ne semblent préoccuper ses signataires »[23], et l'antifascisme reste essentiellement à destination interne, contrairement aux souhaits du PCF, plus belliciste et prêt à internationaliser la lutte contre le fascisme[24]. Ils ont essayé de vous prendre le drapeau de 89, ce noble drapeau tricolore des victoires républicaines de Valmy, de Jemmapes, de Hohenlinden et de Verdun. Le conseil général de la Banque de France, dans le cadre de la réorganisation de l'institution voulue par le Front populaire en 1936. ». Les partis de gauche s'unissent contre les ligues d'extrême droite. Albert Lebrun fut président de 1932 à 1939, puis réélu pour un second mandat, jusqu'en … Dès l'annonce des résultats des élections législatives du 3 mai 1936, résultats qui proclament la victoire électorale du Front populaire, les salariés français se mettent en grève spontanément et, fait nouveau, occupent leurs lieux de travail (ateliers, bureaux, grands magasins...). Près de deux millions de travailleurs débrayèrent, paralysant le pays. De fait, les radicaux (1 400 000 voix), compromis par leur participation aux gouvernements de droite et par leur soutien à la politique de déflation, mais également du fait de la bipolarisation du scrutin, perdent 350 000 voix. 0:00:12 Introduction et annonce de 9 questions bêtes 0:02:59 1re question bête : qu’a découvert François Mitterrand ? Par ailleurs les socialistes, alliés traditionnels des radicaux, sont en froid avec ces derniers. », « 25 des 34 membres du ministère Blum n'ont pas d'expérience gouvernementale. Georges Monnet, ministre de l'Agriculture, ne réussit pas à faire adopter la création d'autres offices pour les autres productions, devant les réticences du Sénat, mais l'Onib servit de modèle aux structures créées après la Libération, voire à celles mises en place par la Politique agricole commune (PAC). À partir du 5, les vendeurs de journaux, les tenanciers de kiosques, les employés des salles de spectacles, les commis, les garçons de café, les coiffeurs, des ouvriers agricoles, etc., font grève, souvent pour la première fois. Le gouvernement Léon Blum, premier gouvernement de coalition issu de la nouvelle majorité, fut surtout le premier de la IIIe République dirigé par les socialistes. Le mouvement gréviste reflue peu à peu à Paris, mais continue à se développer en province. Il introduit de nombreuses réformes historiques, notamment en matière économique et sociale : les congés payés, la réduction du temps de travail avec la semaine de quarante heures et l'établissement des conventions collectives. Par ailleurs, les attaques calomnieuses de l'extrême droite affaiblirent plusieurs personnalités du Front populaire, à commencer par Blum lui-même : son arrivée au pouvoir déclencha en effet une vague d'antisémitisme d'une très grande ampleur, visant à remettre en cause sa crédibilité et sa loyauté aux intérêts de la France. Ainsi, la hausse des prix annula vite celle des salaires prévue par les accords Matignon. Léon Blum ne se contente pas de redéfinir le rôle dévolu au président du Conseil : il innove également en créant de nouveaux postes ministériels et en attribuant ces ministères à de nouvelles personnalités (Composition du gouvernement), même si certains barons du radicalisme tiennent leur place, comme Camille Chautemps, Yvon Delbos (ministre des Affaires étrangères) ou Édouard Daladier, vice-président du Conseil, ministre de la Défense nationale et de fait numéro 2 du gouvernement. Entre ces deux positions, très peu de journaux ou d'hebdomadaires jouèrent la carte de la neutralité. souhaitée]. L'assemblée élue lors des élections de mai 1936 demeurera en place jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, malgré l'arrestation de 49 députés communistes en septembre 1939[2], et se séparera le 10 juillet 1940. Contrairement à la tradition de la Troisième République, Blum décide de ne se charger « d'aucune responsabilité particulière pour se consacrer tout entier à la direction du gouvernement », dans le but de renforcer la présidence du Conseil : « À ses yeux, le chef du gouvernement ne devait pas se limiter à coordonner l'action des ministres, mais devait véritablement diriger, à la manière du Premier ministre britannique »[35]. Le 28, les 30 000 ouvriers de Renault à Billancourt entrent dans la grève. Il réunissait les trois principaux partis de la gauche : la SFIO, le Parti radical et le Parti communiste (qui soutenait les deux premiers sans participer directement au gouvernement), mais également toute une nébuleuse d'autres mouvements de gauche et antifascistes[1]. Ah la la moisson c'est la fin du monde. Réédition revue et abrégée en format de poche : La victoire électorale et la mise en place du gouvernement de Front populaire, Victoire et rapports de forces internes au Front populaire, Pourtant, le 6 février déclenchera une dynamique qui l'emportera peu à peu sur les querelles d'appareil, « les militants communistes se joignent au cortège socialiste, abandonnant estrades et orateurs communistes, et c'est aux cris de « Unité ! Une partie du programme du Front populaire touchait l'éducation et loisirs. C'est celui qui exerce la plus grande influence sur la vie politique du pays. Épisode symptomatique d'une union antifasciste bien plus précoce à la base qu'à la tête de deux partis dont les dirigeants se haïssent[réf. », « rejettent même les nationalisations, qui n'ont aucun caractère révolutionnaire et que les congrès radicaux acceptaient dès avant la guerre de 1914. Côté jours fériés, 2019 est un bon cru ! […] Ils ont essayé de nous prendre cette héroïque, « Pour les communistes, il s'agit aussi de lutter éventuellement contre le fascisme à l'extérieur, en s'appuyant sur le pacte franco-soviétique conclu en 1935. 500 000 personnes selon les organisateurs, 100 000 selon la police. Ariane Bonzon — 22 juillet 2011 à 0h00. Le CNRS est une création du Front populaire. De fait, de nombreux éléments, outre la volonté de la plupart des militants de base de renouer avec la tradition d'un ancrage à gauche du parti, suggèrent le ralliement au Rassemblement populaire. Il y a la majorité du Front populaire dont le programme du Front populaire est le lieu géométrique. Un patriotisme longtemps refoulé explosait alors avec une étonnante vigueur, mettant à l'aise la plupart des militants, sortant de leur ghetto. Toutefois, la fin du Front populaire arriva en avril 1938 lorsque le radical Édouard Daladier succéda à la présidence du Conseil au socialiste Léon Blum, qui démissionna à la suite de son échec dans l'obtention de moyens lui permettant de mettre en place une politique de grandes réformes financières. Le programme du Front populaire, censé se structurer autour de son slogan électoral « Pain, Paix, Liberté », est plus concrètement organisé en deux rubriques. Le De ce point de vue, il est nettement plus proche des vues du Parti radical[27] que de celui de la SFIO, plus étatiste quand les radicaux restent fondamentalement des libéraux[28]. Articles détaillés : 1936 en Belgique, 1936 en France, 1936 en Italie et 1936 en Suisse. Dans le même temps, les communistes couvrent d'éloge le Parti radical, héritier selon eux de la Révolution française et représentant d'une classe moyenne désormais solidaire du prolétariat[15]. » que les militants des deux partis défilent de concert »[9]. Les mesures préconisées par le Front populaire en matière économique sont plus importantes, bien que tout autant marquées du sceau du compromis. Ces derniers, très méfiants vis-à-vis des communistes, refusent d'abord cette proposition d'alliance, position logique dans la mesure où ils participent aux gouvernements d'Union nationale : le Parti radical semble pencher à droite. Il initia plusieurs réformes sociales importantes et constitue encore actuellement une des références incontournables de la mémoire et de l'histoire de la gauche française : les congés payés (15 jours), la réduction du temps de travail avec la semaine de quarante heures et l'établissement des conventions collectives. Cette position a en outre l'avantage de ne pas trop le compromettre avec un pouvoir resté bourgeois et de préserver le cas échéant son image au sein des masses, où son influence grandit[42]. Cliquez sur une vignette pour l’agrandir. Il annonce aux français qu'il a demandé l'armistice à l'Allemagne.... 13 septembre 2015 ∙ 3 minutes de lecture ». Bien que la progression du PCF dans son électorat traditionnel soit réelle, la SFIO conserve un électorat stable de près de 2 millions de voix. Le ministre Jean Zay est également porteur d'un projet de loi abolissant la propriété littéraire et artistique, faisant du droit d'auteur un droit inaliénable, et du contrat d'édition non pas un contrat de cession des droits, mais un contrat de concession temporaire à l'étendue extrêmement limitée[53]. Sujet d’Histoire- Le Front Populaire en France : ses origines et ses réformes ( 1936- 1938). La question de l'héritage du Front populaire, de l'état dans lequel il laissa la France en 1938, suscita bien des passions. du 06-01-2021 12:33:09 sur les forums de jeuxvideo.com Ou bien vous ouvrez les frontières, vous maintenez un régime de liberté des changes, et vous devez alors vous appuyer sur Londres et Washington pour opérer un ajustement des monnaies en même temps qu’une coalition des régimes démocratiques. De fait, cette majorité parlementaire inédite investit le premier gouvernement à dominante socialiste de la IIIe République, et Léon Blum est nommé président du Conseil par le président de la République Albert Lebrun, le 4 juin 1936. En juillet 1936 la guerre civile en Espagne vient d'éclater. De fait, l'évolution vers l'unité n'est pas évidente, la direction du PCF étant dans un premier temps hostile à tout rapprochement avec la SFIO, conformément à la tactique « classe contre classe » élaborée à la fin des années 1920 par la Troisième Internationale. La mort dans l'âme, Blum se résigne à la non-intervention mais fait en sorte que les autorités françaises ferment les yeux sur le trafic d'armes s'exerçant au profit des républicains espagnols à la frontière entre la France et l'Espagne. Mais c'est surtout parce que Staline réévalue le danger fasciste[12], considéré jusqu'ici comme accessoire, lorsque l'installation solide d'Hitler au pouvoir se confirme, que le PC adopte une attitude résolument unitaire, et ajoute l'adjectif français à son nom. Surtout, pour la première fois, militants et chefs radicaux (notamment Daladier), socialistes et communistes défilent de concert aux côtés d'autres petits partis, syndicats et associations (CGT, CGTU, CVIA, Ligue des droits de l'homme…), dans une manifestation de près de 500 000 personnes[18] et « dans l'euphorie d'une unité retrouvée de la gauche »[19]. « Le parti communiste pouvait légitimement apparaître comme le grand vainqueur de la consultation : avec 1 500 000 voix, il doublait ses suffrages de 1932 »[31]. Ensuite, en mars-avril 1938, après avoir été rappelé le 13 mars par le président de la République Albert Lebrun, Léon Blum forma un éphémère gouvernement, puis démissionna, n'arrivant pas à obtenir les pleins pouvoirs financiers auprès du Sénat, dans le but d'appliquer de grandes réformes financières pour sortir la France du marasme économique. Qu'est-ce que le Front Populaire ? Un mouvement massif de grèves, déclenché en juin 1936, aboutit à des négociations arbitrées par le gouvernement, et à la signature des accords Matignon, qui prévoient une hausse des salaires et la reconnaissance des droits syndicaux. nécessaire]. La fuite des capitaux, massive depuis l'arrivée du. Ces accords mettaient en place, entre autres, le droit syndical, et prévoyaient une hausse des salaires de plus de 7 à 15 % selon les branches professionnelles, soit environ 12 % en moyenne sur toute la France. Blum sait que s'il tente d'intervenir, son gouvernement sera renversé au profit d'une alliance entre radicaux et partis de droite. Il recrute aussi dans le vivier des Jeunes Turcs, « cette nouvelle génération d'élus radicaux non-conformistes et ancrés à gauche »[38], à des postes qu'il juge importants : l'Éducation nationale pour Jean Zay (32 ans), l'Air pour Pierre Cot. Léon Jouhaux , responsable de la CGT, figure parmi les nouveaux membres du … Jacques Fauvet, « Nous faisons le serment de rester unis pour défendre la Démocratie, pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour mettre nos libertés hors de l'atteinte du fascisme. », « Les radicaux pourront dire et constater qu'à très peu de chose près, le programme du Front populaire n'est rien d'autre que le vieux programme du Parti radical. La presse allant dans le sens du Front populaire était largement plus faible que la presse d'opposition et l'une comme l'autre contribuèrent à l'échec du gouvernement du Front populaire. Ainsi, un mouvement de grève et d'occupation d'usines se mit en place, gagnant toute la France. L’usine est occupée et les tentatives de la police de déloger les grévistes échouent, les dockers se solidarisant des grévistes. La Banque de France ne fut pas nationalisée, mais la tutelle de l'État s'accrut et le droit de vote s'étendit à tous les actionnaires (il était jusqu'alors réservé aux 200 plus gros). Si les radicaux ont perdu de leur superbe, ce sont leurs 106 députés qui permettent au gouvernement d'exister, dans la mesure où aux 219 députés socialistes et communistes correspondent exactement les 219 députés de la droite. Jacques Doriot avait été exclu du parti quelques semaines plus tôt parce qu'il réclamait l'unité d'action avec les socialistes. Nous jurons, en cette journée qui fait revivre la première victoire de la République, de défendre les Libertés démocratiques conquises par le peuple de France, de donner du pain aux Travailleurs, du travail à la Jeunesse et au monde la grande Paix humaine. 1936 en France. En fait, même sur le plan économique, ce programme modéré du « plus petit dénominateur commun » reste modeste et se contente de prévoir la « réalisation des tâches immédiates » pour résoudre la crise et apporter « une solution aux injustices sociales les plus criantes […], sans toucher aux structures de la société »[26], comme le souhaiteraient les socialistes. En effet, la France était dans une grave crise économique depuis 1931, et la politique économique du Front populaire ne parvint pas à relancer la production, la consommation, ni à réduire le chômage. Le caractère spectaculaire — y compris à l'époque — de ce succès électoral ne doit pas laisser penser que l'opinion française aurait alors nettement glissé à gauche. La Grande-Bretagne pouvait d'autant plus influer sur la politique française que l'hémorragie de capitaux depuis 1935 avait réduit presque à néant les réserves d'or de la banque de France, mettant le pays sous la dépendance britannique. Unité ! Profitant de son unité (les désistements entre le premier et le second tour furent quasi-systématiques et de ce fait, les reports de voix, notamment communistes, meilleurs qu'en 1928 et 1932), de la crise économique et de l'absence d'une politique alternative à droite (où l'argument de campagne principal se limita à l'anticommunisme), le Front populaire remporte une nette victoire aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, rassemblant environ 57 % des suffrages exprimés au premier tour et envoyant, au terme du second, un total de 386 députés sur 608 siéger à la Chambre des députés, dont 147 pour la SFIO. En intégrant les radicaux à la logique d'union à gauche, Thorez espère créer cette dynamique. La semaine de 40 heures et deux semaines de congés payés sont instaurées. 20 janvier : début du règne d’ Édouard VIII , roi du Royaume-Uni (fin le 11 décembre ) [ 65 ] . Pour la gauche française le front populaire reste durablement un exemple à suivre et à revendiquer, accusant régulièrement la droite de chercher à détruire les acquis du front populaire. La Vie Politique en France. ... 100.000 policiers et gendarmes sont mobilisés cette nuit de la Saint Sylvestre pour s'assurer que la France d'en bas reste bien cloîtrée chez elle.. Abandonnant alors l'antimilitarisme fondamental qui lui avait donné naissance et les thèmes du syndicalisme révolutionnaire d'avant 1914, le communisme reprend l'héritage du blanquisme, le plus chauvin des courants du socialisme français. Mais celui-ci refuse, soucieux de respecter scrupuleusement le calendrier fixant l'expiration du mandat de la Chambre élue en 1932 au mois de juin[45]. Des bals sont donnés dans les usines ou les grands magasins, des compagnies de théâtre (comme le groupe Octobre de Jacques Prévert) jouent des pièces. Les accords Matignon sont signés dans la nuit du 7 au 8 en échange de l’évacuation des usines. Il est clair en tout état de cause que c'est avec la bénédiction de l'Internationale, dirigée par Moscou, que Thorez opère ce changement de stratégie, la question restant en suspens de savoir si les communistes français l'avaient préalablement sollicitée ou si l'initiative en revenait exclusivement au Komintern. Grâce au désistement en faveur du candidat le mieux placé au second … Le gouvernement signe le 1er octobre un accord monétaire avec la Grande-Bretagne et les États-Unis pour fixer la valeur du franc dans une fourchette de 43 à 49 milligrammes d'or contre 65,5 milligrammes auparavant[48]. C'est d'ailleurs une telle alliance qui constituera le troisième gouvernement d'Édouard Daladier (12 avril 1938-11 mai 1939). Pourtant, le 6 février déclenchera une dynamique qui l'emportera peu à peu sur les querelles d'appareil[réf. Il ouvre ainsi la voie à la formation d'un « Front populaire » (l'expression est attribuée à Eugen Fried, représentant de l'Internationale communiste en France), avec comme première étape la signature entre les deux partis marxistes d'un « pacte d’unité d’action antifasciste » le 27 juillet 1934, où ils s'engagent à joindre leurs forces dans la lutte contre le fascisme et le gouvernement d'Union nationale de Gaston Doumergue.