Shostakovich - Symphonie N°5 en ré mineur opus 47

Direction - Orchestre

MIR196

Yuri Temirkanov interprète ici cette 5e Symphonie à la tête de l’orchestre qui l’a créée en 1937. Elle marquait alors un tournant décisif dans la carrière d’un génial compositeur d’opéras (Le Nez, Lady Macbeth) condamné désormais au silence. Elle résout, en effet, le dilemme du symphoniste d’être à la fois novateur et accessible, devenant ainsi, bien au delà de la seule Union soviétique, une des symphonies du XXe siècle les plus jouées dans le monde.

 

 

 

 

 

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Disque 1
  • Symphonie n°5 en ré mineur opus 47
  • 1 Moderato 17'18
  • 2 Allegretto 5'02
  • 3 Largo 13'39
  • 4 Allegro non troppo 11'28
Total 47'27
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Presse

"La direction de Yuri Temirkanov ressemble à une envoûtante plongée dans un monde que l'on pourrait croire disparu si le grand chef russe, l'un des derniers monstres sacrés du siècle dernier, ne le tenait précisément enfermé dans sa baguette."

Le Monde,19 novembre 2012

 

Youri Temirkanov dirige l'Orchestre philharmonique de Saint-Pétersbourg depuis vingt-cinq ans - il était encore celui de Leningrad. Soit la moitié du mandat de son légendaire prédécesseur Evgueni Mravinski, une longévité que le succès universel de son voisin Valery Gergiev a quelque peu occultée.

La Symphonie n° 5 de Chostakovitch fait tranquillement entendre ce qui sépare Temirkanov de Mravinski (qui en laissa de multiples versions dès 1938). Il ne s'agit pas de style mais de la tonalité expressive des cordes, évidente dès l'introduction du Moderato: avec Ternirkanov, la délicatesse du phrasé, la chaleur du quatuor évoquent moins un tragique inexorable qu'une mélancolie désabusée. Mais que commence la section rapide, et l'orchestre retrouve l'éclat, le volume, l'emphase d'antan (les cuivres), encore que la manière de poser les accents diffère. Dans l'Allegretto, on jurerait même qu'une très subtile ironie (violon et flûte solos) flotte derrière le grinçant. Mravinski est plus terrifiant au début de l'Allegro non troppo, mais aussi, en un sens, plus monolithique. Les sections mezzo forte ou piano - tout ce qui ouvre les espaces de l'introspection - ont l'oreille de Temirkanov, prince nonchalant revenu de tout et définitivement romantique (tchaïkovskien ?). La fin du Moderato s'efface ici dans un ailleurs am-bivalent et mystérieux. Cette sensibilité singulière habite de bout en bout l'immense Largo. Elle ne trouble jamais une discipline instrumentale et une tenue également remarquables, un foisonnement orchestral à l'équilibre rayonnant : écoutez la péroraison, grandiose ! Rémy Louis

Le Diapason, Février 2013