Schumann - Grande Humoresque & Sonate n°1

Piano

MIR194

 

Grande Humoresque
en si bémol majeur opus 20

Sonate pour piano n°1
en fa dièse mineur opus 11

 

La Sonate en fa dièse mineur opus 11 et l’Humoresque opus 20 présentent l’univers onirique de Schumann avec ses contrastes, sa folie et sa poésie. Voici deux oeuvres tourmentées composées dans l’attente de la bien-aimée Clara. Après un disque consacré à Brahms, le jeune Adam Laloum livre à nouveau une vision passionnée et enflammée du romantisme allemand.

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Disque 1
  • Grande Humoresque en si bémol majeur opus 20
  • 1 Einfach - Sehr rasch und leicht - Wie im Anfang 5’24
  • 2 Hastig - Nach und nach immer lebhafter und stärker - Adagio 4’47
  • 3 Einfach und zart - Intermezzo 4’56
  • 4 Innig - Sehr lebhaft - Mit einigem Pomp 5’52
  • 5 Zum Beschluss 6’22
  • Sonate pour piano n°1 en fa dièse mineur opus 11
  • 6 Introduzione (un poco adagio) - Allegro vivace 14’25
  • 7 Aria 3’32
  • 8 Scherzo - Allegrissimo 5’03
  • 9 Finale - Allegro un poco maestoso 12’06
Total 62'27
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Presse

 

« A 26 ans, Adam Laloum est un pianiste “lancé”, mis sur orbite par sa victoire, en 2009, au concours Clara-Haskil – la célèbre pianiste roumaine aurait reconnu comme l’un des siens cet interprète farouche qui, à son instar, semble à chaque concert à la fois se briser et se reconstruire, osciller entre bonheur et frustration, abandon et réserve. Du plus modeste au plus huppé, les festivals se l’arrachent ; pas une semaine sans que son nom s’affiche sur une salle de concert. Pourtant, il y a un mystère Laloum, qui émeut, fascine ou dérange, en tout cas impose le respect : plus il se produit, et moins on le connaît. Plus l’artiste se livre, et plus les ressorts secrets de son jeu se dérobent. Son deuxième enregistrement en apporte une nouvelle preuve. Après le succès du premier, consacré au Brahms lointain des pièces de vieillesse, on l’attendait dans un répertoire plus proche, sinon grand public. Adam Laloum choisit au contraire de se consacrer à Schuman le mal-aimé et, dans Schumann, à l’une de ses pages les plus personnelles, les plus téméraires, et l’une des plus rarement exécutées : le Grande Humoresque en si bémol majeur. Par son bâti savamment déstructuré, son lyrisme à fleur de notes, par ses rythmes syncopés et fuyants, ses couleurs changeantes d’aube ou de crépuscule, cette vaste fantaisie intimide. Déstabilise. Elle exige une main (droite) légère et un cœur lourd – de peines d’amour, de chagrins ravalés. Au disque, ce kaléidoscope d’états d’âme est l’apanage de rares élus : Vladimir Horowitz, Claudio Arrau. Aujourd’hui Adam Laloum. Limpide jusqu’à l’opaque, tendre jusqu’à la violence. Le pianiste se reconnaît sans doute dans ce Schumann pudique qui, au milieu de sa partition, dissimule sur une troisième portée une « voix intérieure » imaginaire – autoportrait masqué, signature virtuelle qui révèle une identité tout en la cachant. « Les Français ne peuvent pas comprendre le terme d’humoresque », regrettait l’auteur des scènes d’enfants. Démenti sans appel d’Adam Laloum. »

Gilles Macassar, Télérama 

 

« Si la France entretient une relation étroite avec Schumann – Saint-Saëns, Fauré, Debussy, Ravel ne s’en éloignaient jamais longtemps -, si les pianistes formés ici en ont joué, et beaucoup, si Nat en a enregistré une grande anthologie dès les années 1950 (Emi), les trois sonates sont restées en dehors de leurs préoccupations : Magda Tagliaferro (Emi) et surtout la géniale Catherine Collard (Lyrinx) mises à part. La Sonate op. 11, en fa dièse mineur était une chasse gardée russe. Jusqu’au jour où Maurizio Pollini (DG) vint éclaircir et ordonner ce qui était emporté et fiévreux chez eux, hors Elisso Virssaladze (Melodiya). Adam Laloum est lyrique, fébrile mais clair, inspiré mais rigoureux. Il chante librement, colore ses phrases, nuance au-delà du quantifiable, sans aucune affectation. Il varie les redites du finale avec une douceur insinuante qui en efface la longueur, tient l’Aria en suspens. Il est sur les ailes du chant et dans l’harmonie, rhapsodique et précis, jamais carré ni informe. Moins cartésien que le tout jeune Nikolaï Lugansky (Vanguard) qui magnifiait ce que Pollini avait inauguré, Laloum prend le risque de se perdre, d’être ainsi toujours sur le fil, mais triomphe grâce à sa maîtrise, comme il l’a montré cet été lors de son récital triomphal à La Roque d’Anthéron devant deux mille personnes qui ne voulaient pas le laisser partir, et auxquelles il ne concédera aucun bis.

L’Humoresque est de la même eau : mobile comme les ailes d’un papillon, sombre comme les taches d’encre des papiers pliés, solide comme un chêne, folle et soumise au caprice de l’humeur et de la fantaisie. Jeu indicible d’un pianiste qui porte en lui ce chant, ce brin de folie et cette nostalgie qui signaient l’art unique de Guiomar Novaes, de Vladimir Horowitz, de Clara Haskil, de Wilhelm Kempff et de quelques autres dont Catherine Collard, qui fut reine en ce répertoire et dont nous commémorons en ce mois d’octobre les vingt ans de la mort. »

Alain Lompech, Diapason