Jean-Frédéric Neuburger - Récital de piano

Piano

MIR145

Liszt - Debussy - Barraqué - Neuburger

Ce récital virtuose et théâtral est en relation avec l’univers poétique excessif et sensuel des derniers poètes romantiques, tels Lamartine et Lautréamont. En deux parties enchaînées, la grande Sonate de Jean Barraqué est quant à elle directement inspirée par l’admiration du jeune musicien (âgé de 24 ans au moment de la composition) pour Beethoven et Debussy. Maldoror de Neuburger et Funérailles de Liszt, interprétés en première partie, introduisent le piano dans toute la violence démiurgique qui peut être la sienne.

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Disque 1
  • Franz Liszt
  • 1 Funérailles, extrait des Harmonies poétiques et religieuses 10'40
  • Jean-Frédéric Neuburger
  • 2 Maldoror 19'54
  • Jean Barraqué - Sonate pour piano
  • 3 Première partie 20'26
  • 4 Deuxième partie 18'15
  • Claude Debussy
  • 5 Et la lune descend sur le temple qui fuit, extrait des Images II 5'49
Total 75'04
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Presse

(...) Neuburger débutait avec Funérailles, la septième pièce des Harmonies poétiques et religieuses que Liszt date d’octobre 1849 soit le mois même de la mort de Chopin. Le pianiste très concentré lui confère une aura très sombre, recherchant davantage l’énergie du son que sa rondeur. La conduite dramatique y est remarquable, libérant au sommet de la trajectoire une cascade d’arpèges à la main gauche d’une puissance phénoménale.

Maldoror qu’il écrit en 2010 est « une fresque fantastique et virtuose » nous dit-il. Musique d’humeurs aux climats très contrastés – de l’épure sonore à l’éblouissement virtuose - elle emprunte d’évidence à l’écriture de Xénakis dans ses fulgurances énergétiques et l’occupation systématique de l’espace. S’il est parfois
difficile d’en suivre le cheminement de pensée, l’éclatement de l’écriture et la discontinuité du geste rejoignent assurément l’univers poétique subversif et extrême de Lautréamont.

La Sonate pour piano de Barraqué – soeur jumelle de la Deuxième Sonate de Boulez - figure comme opus 1 dans le catalogue plus que restreint du compositeur ; elle est née dans le contexte sériel des années 50 dont elle exploite radicalement toutes les données techniques et esthétiques durant 40 minutes d’une musique athématique, extrêmement pointilliste où tous les paramètres (hauteurs, intensités, durées,
attaques) sont soumis à l’exigence sérielle. Avec la partition cette fois et une souplesse féline dans le jeu qui bannit toute agressivité, Neuberger nous immerge dans ce flot incessant de lignes enchevêtrées. L’autorité souveraine avec laquelle il mène le discours est confondante ; sa clarté d’articulation, le contrôle permanent des sonorités et une mobilité du geste qui reste très élégant sont autant d’atouts pour mener l’auditeur au terme de cette trajectoire improbable.

Jean-Frédéric Neuburger n’en restait pas là, gratifiant l’auditeur d’une des Images de Debussy (Et la lune descend sur le temple qui fut) à qui Barraqué vouait toute son admiration : un instant privilégié qui nous révèle in fine une sensualité du son et une poésie de l’écoute chez cet interprète qui, plus que prometteur, s’impose ici comme une référence. Michèle Tosi

ResMusica.com, le 18/01/2011