Une symphonie à (re)découvrir
Ecrite entre le 2ième et le 3ième concerto pour piano, la 2ième symphonie (1906-1907) se trouve au cœur de la grande période créatrice de Rachmaninov. Dépassant avec ses 1843 mesures toutes les symphonies écrites jusqu’alors par des compositeurs russes, cette partition est l’œuvre orchestrale la plus ambitieuse du compositeur.
Si la matière sonore est toujours aussi combustible, l'architecture, plus subtile et contenue, fait preuve d'une maîtrise et d'une maturité exemplaires, seules à même de concilier des qualités dramatiques impressionnantes et une écriture authentique, touchante, sincère. Car des deux symphonies (n'oublions pas cependant que Rachmaninov en composera une troisième durant son exil), la seconde est sans aucun doute la plus profonde et la plus allègre (elle est d'ailleurs la plus plébiscitée et la plus jouée en concert). Ce n'est donc pas tant le langage qui a changé (du reste la symphonie n'innove guère dans la forme, héritière en grande partie des symphonies de Tchaïkovski), ni le flot lyrique et la luxuriance mélodique typiques du compositeur, qui ne tarissent pas, mais bien plutôt un épanouissement créatif irrésistible, qui multiplie avec joie et souveraineté les réussites sonores.
Projet voulu de longue date par Kwamé Ryan l’enregistrement de la 2ième Symphonie de Rachmaninov avec l’Onba est une étape importante dans la rencontre entre le chef et l’orchestre. L’imposante architecture de cette symphonie requiert une osmose parfaite qui se révèle à l’écoute de cet enregistrement.
Discographie de l'Orchestre National Bordeaux Aquitaine